Le Site de Solène

Clion sur Indre

Clion sur Indre est situé à 6 kilomètres de Chatillion sur Indre, à 39,3 kilomètres de Chateauroux (Préfecture de l'Indre). C'est dans cette petite bourgade de la campagne berrichonne qu'est installé depuis 1930 l'entreprise des huiles biologiques Eric VIGEAN. Je vous invite à découvrir un aperçu de la fabrication ici-même, mais aussi à visiter le Site de cette entreprise en cliquant sur le logo ci-après. Bonne visite !

 



L’huile de troisième génération est bio !

 

Source Rubrique développement durable.
Ministère de l'écologie et du développement durable

Publié le 18 janvier 2006  par Laurent Mignaux.

 

Parallèlement au raffinage conventionnel des huiles alimentaires, les huiliers "bio" perpétuent une tradition de pressage à froid, ou "à l’ancienne" dans des poêles en fonte, qui conserve à l’huile toutes ses qualités nutritionnelles et gustatives. Pour valoriser leur production, de nombreux contrôles viennent dorénavant garantir la qualité et la traçabilité de produits fabriqués suivant une tradition ancestrale qui répond fort bien aux nouvelles exigences du consommateur.

En bio, lorsque les grains sont simplement écrasés dans une presse, le premier jus obtenu constitue les fameuses huiles de première pression à froid.


A froid, l’huile obtenue est le jus naturel
qui renferme tous les principes nutritifs essentiels.

Les huiles biologiques de première pression à froid sont de véritables jus naturels de graines ou de fruits, riches en nutriments, dépourvus d’acides trans, de pesticides, d’herbicides... et sans aucun traitement chimique, ni additif. Pour Eric Vigean, une huile, c’est comme un bon vin : " Nos huiles sont comme des grands crus... Outre la qualité de la graine, le pressage influe beaucoup : nous préférons diminuer le rendement, mais augmenter la qualité ” .

Tout a commencé dans les années 30,  dans l'Indre, à Clion, petit village de la Champagne berrichonne, lorsque le grand-père rachète une petite huilerie artisanale de noix et de noisettes et la développe en conciliant qualité des produits et respect de l’environnement.


Les presses "historiques" de l’huilerie désormais en retraite au musée.

La petite entreprise verra s’arrêter les moulins, les uns après les autres, mais résistera vaillamment à l’industrialisation en conjuguant tradition artisanale et modernisation technologique sans jamais abandonner ni la pression à froid, ni le pressage "à l’ancienne". Cette dernière technique, qui elle, nécessite un préchauffage, reste aujourd’hui un savoir-faire, transmis de génération en génération dans les familles d’huiliers. 

Coup d’oeil en coulisses sur
la fabrication de l’huile de noix "à l’ancienne",
symbole de l’huilerie artisanale française.

Les noix, ramassées en automne par quelques agriculteurs ou de simples particuliers, ont été mises à sécher sur des claies dans les granges ou les greniers, puis "énoisillées" afin de débarrasser les cerneaux de leur coquille et de leur "épitaphe" (partie centrale de la noix). En décembre, après pesage et ensachage, les noix sont prêtes à être amenées au "moulin" qui perpétue ainsi une tradition autrefois très ancrée dans la région.


8 heures du matin, un matin de décembre : arrivée des fournisseurs à l’huilerie
pour vendre leur production.


Pour l’huile de noix, l’huilerie privilégie les approvisionnements locaux : 
une manière de perpétuer une tradition
fondée sur des relations durables et privilégiées avec les fournisseurs.

Avec les changements liés au mode de vie, aux habitudes alimentaires et de consommation, le ramassage des noix est désormais devenu anecdotique dans l’activité économique locale. Il reste cependant le témoin d’une dimension sociale et culturelle qui a longtemps rythmé la vie des habitants du Berry : les veillées consacrées au "dénoisillage" remplissaient en hiver une véritable fonction de rencontre contribuant fortement à la cohésion sociale de la communauté paysanne.


Les cerneaux de noix sont rigoureusement sélectionnés et contrôlés avant achat :
la qualité dépend du moment de la récolte, du stockage, du  tri et du décorticage”.
6 kg de noix permettent d’obtenir 2 kg de cerneaux qui donneront 1 litre d’huile.

Pour la traçabilité des produits, un numéro de lot sert à l’identification et au suivi de la transformation de la matière première en produit fini. Le stockage des graines est réalisé dans des silos dont l’hygrométrie est régulée en permanence. Un organisme indépendant ECOCERT contrôle le mode de production (agriculture biologique ou non), l’absence de pesticides, d’OGM ou d’autres composés chimiques de synthèse. “Nous avons un laboratoire en interne” explique Eric Vigean, “et nous analysons chaque lot. En deux ans, nos factures d’analyses ont été multipliées par cinq ! Cela se répercute forcément sur le coût de nos produits, mais la qualité et la traçabilité sont à ce prix  !


Les cerneaux sont d’abord broyés à la meule, une impressionnante roue en pierre...


permettant d’obtenir après 40 minutes une pâte...


qui est chauffée lentement, tout en étant brassée, 
pour l’empêcher d’adhérer au fond et la maintenir à la température désirée.


Durant toute la cuisson la pâte est remuée
à l’aide d’une pelle en bois.


Dans le procédé "à l’ancienne", plus on chauffe, et plus l’huile aura un goût prononcé.
Toute la réputation de l’huilier se joue sur ce savant dosage.


Le pressage se fait sur de petites presses hydrauliques...


d’où s’écoule l’huile de première pression avant sa filtration.


Après pressage, les tourteaux gras (résidus solides)
serviront pour l’alimentation du bétail ou la fabrication d’amorces pour les pêcheurs.


Pour lui conserver sa limpidité, l’huile est stockée dans des cuves en inox
après filtration sur papiers filtrants.


L’ huile est ensuite conditionnée dans des bouteilles en verre teinté
et doit être conservée à l’abri de la lumière et à température ambiante.

Pour que la tradition se perpétue au profit des prochaines générations, les artisans bio devront donc maintenir encore un peu compétitivité et qualité des produits, notamment  face aux nouvelles exigences réglementaires. Pour leur part, les consommateurs commencent à changer leur comportement en choisissant de plus en plus des produits de qualité sans impact sur l’environnement.

© ministère de l'écologie et du développement durable, reproduction interdite, tous droits réservés

  Copyright JCG2006 - droits réservés